Dans un article antérieur (Enche 2000) j’ai montré que les chercheurs qui ont étudié le Dacien même au stratotype, ne sont pas d’accord sur la limite supérieure de cet étage, existant deux solutions proposées:

  • Considérer la limite supérieure sous les couches à unionides “sculptées”; 
  •  Limiter le Dacien au-dessus du niveau à Prosodacna (Psilodon) euphrosinae (Cob.).

    J’ai décrit alors beaucoup de situations qui viennent de consolider l’argumentation de N. Macarovici (1961) pour tracer la limite Dacien/Romanien sur la première couche à unionides “sculptées” dont je rappelle les suivants.

    Macarovici (1961) qui a établi le stratotype du Dacien, a précisé sur l’étage Levantin (=Romanien) les suivants: “admettons que la partie la plus inférieure de cet étage comme l’avait eût déja délimitée  datant depuis cinque décennies Sabba Ştefănescu (1897), Sava Athanasiu (1906) et W. Teisseyre (1908), commence avec les couches qui renferment les unionides sculptées. L’apparition de ces unionides est un fait nouveau faunique, immédiatement après l’achèvement du Dacien à qui s’ajoute la disparition de la majorité de la faune de type dacien”.        

    Dans le travail cité plus haut, Macarovici a mentionné au-dessus du niveau  des marnes argileuses avec Prosodacna euphrsinae, “des sables argileuses,  avec Prosdacnomya sturi (Cob.) et: Unio rumanus Tourn., Unio sturdzae Cob., Viviparus bifarcinatus bifarcinatus Bielz., V. woodwardi Brus., Bulimus (Tylopoma) pilari Neum”. Il est évident que Macarovici a tenu compte de cette faune dacienne mentionnée plus haut quand il a tracé la limite avec le Romanien.

    Andreescu (1972), qui a étudié aussi le stratotype du Dacien, a placé la limite Dacien/Romanien au niveau avec Prosodacna euphrosinae (Cob.), argumentant qu’au-dessus de ce niveau, “les limnocardiidées se perpétuent encore, mais ils sont dans un évident recul. Les seules qui persistent sont quelques-unes des prosodacnes petites des groupes sturi Cob,) et (?) rumana . Mais la note caractéristique est donnée maintenant par les unionides et les vivipares du groupe bifarcinatus”.

   Plus tard (1975), Andreescu a séparé le Romanien en trois sous-étages: inférieur = Siensien, moyen = Pelendavien et supérieur = Valachien. Il a défini le premier sous-étage comme la période du temps dans laquelle se sont déposées les couches à unionides lisses ex. gr. sturdzae, slanicensis, brandzae (= “couches à bifarcinatus”auct.) et le moyen comme les couches à unionides “sculptées” ex. gr. lenticularis, mojsvari, slavonica, bielzi, etc (Levantin inférieur – auct.)”.

    Les études magnéto-stratigratygraphiques (Andreecu et al.,1986) dans la mine à ciel ouvert de Lupoaia (Vallée de Motru), montrent que des formes comme Jazkoa sturdzae, Potomida psilodonta et Viviparus bifarcinatus, qui au stratotype du Dacien situé à l’est du Bassin Dacique, se trouvent au-dessus de l’événement Cochiti (à laquelle se trouve Prosodacna euphrosinae), à l’ouest du bassin, aparaissent au-dessous  de l’événement.

    Aussi à l’ouest de l’Olténie, dans le toit de la couche de lignite I de la mine de Zegujani qui se trouve sûrement  dans le Dacien, on a signalé (Petrescu et al., 1989) Prosodacna sturi ogranensis à côté de Psilunio berbestiensis et Psilunio craiovensis psilodontum.

    On a aussi signalé (Stoica et Schoverth, 1972), dans la partie est d’Olténie l’existence de Jazkoa sturdzae, et Viviparus bifarcinatus en association avec Stylodacna heberti et Prosodacna rumana.

    Dans l’article antérieur (Enache, 2000) j’ai proposé de revenir à la limite Dacien/Romanien mise par Macarovici (1961) sous la première couche à unionides “sculptées” parce que leur apparition est un véritable nouveu fait faunique et parce qu’ils ont été identifiés dans tout le Bassin Dacique, étant en même temps facile de tracer la limite, du point de vue cartographique.

    J’ai écrit alors que le niveau avec les unionides “sculptées”, qui est situé dans l’échelle magnéto-stratigraphique sur la limite Gilbert – Gauss, correspond en même temps à un échange brusque de température (fig.1) sur la surface de l’Océan Atlantique (Poore, 1990).

    J’ai revenu sur le sujet parce que récemment (Lubenescu, 2004), étudiant les données obtenues par des forages dans la partie sud de l’anticlinal Berca – Arbănaşi a trouvé au-dessus du niveau avec Prosodacna (Psilodon) euphrosinae un niveau d’eau douce avec: Viviparus bifarcinatus (Bielz), Melanopsis div. sp., Bulimus div. sp. Valvata div. sp, Hydrobia grandis Cob, Dreissena polymorpha (Pallas) et Unio sp. et plus haut des cardiacées comme: Limnodacna rumana Motasi Zamhiridacna zaphiri (Cob.), Dacicardium rumanum (Font.), Dacicardium dacianum et Prosodacnomia sturi (Cob.). Entre les conclusions de l´article sous cité s‘écrit “Viviparus bifarcinatus et d’autres représentants des faunes qui prolifèrent en Romanien, apparaissant encore depuis le Dacien au-dessus des couches à psilodonts” et “dans telle situation on suggère que la limite Dacian/Romanian doit être tracée après la disparition de dernières faunes salmastres, y compris celles avec Prosodacnomya sturi (Cob.)”.

    En  conclusion  je  pense  qu’il  est arrivé  le  temps  de  revenir à la limite Dacian/Romanian là où l’on a tracé  N. Macarovici en 1961.